Chapitre un : Confessions intimes [II]

Comme vous pouvez le voir, mon enfance, n'a pas été facile.
Bien heureusement, de l'eau a coulé sous les ponts depuis.
Mes parents, qui ne m'avaient jamais abandonnée,
malgré ma condamnable addiction pour DBZ et les Pokemon (mon préféré c'était Mélofée! Et vous?),
avaient entrevu alors, l'espoir de ma guérison.
En effet, certains signes furent significatifs de mes progrès naissants.
Notamment, la fois où, d'une logique hors du commun, je m'étais exclamée fièrement, devant les regards admiratifs de mes frères
"Mais... Sophie Davant... Elle s'appelle Sophie?!"
[heureuse de cet éclair de génie, s'accompagnèrent alors des pleurs de joie]
Cependant, force fut de constater que malgré les efforts continuels et joints de mes proches pour me rendre un tant soit peu intelligente,
par exemple par le visionnage des approximativement 786545èmes saisons très palpitants soap opéras
Amou[r Gloire et ]LBeauté ou bien Feux d[e l’]amour,
- pour ne citer que les meilleurs -
Mon état était finalement loin de s'améliorer.
L'atrophie de mes quatre derniers neurones me conduisit inéluctablement à hériter d’un cerveau digne de celui d’un moineau lobotomisé.
C'est la raison pour laquelle, je vis les yeux de mes parents s'agrandir d'effroi lorsque je leur fis étalage de mon projet futur de poursuivre mes études supérieures à quelque
50 000 000 mm de chez eux.
Ils pensaient très certainement et non sans fondement, que je ne pouvais survivre sans
mes posters d'Eve Angéli, le monosourcil d'Emmanuel Chain, ou encore les magnifiques publicités pour les mycoses des pieds à l'heure de manger.
Mais je fis des pieds et des mains, pour les convaincre que l'effort
- aussi ardu représentait-il pour moi -
était à ma portée.
Mon frère,dont j'admirais l'inné bon sens,
était le seul à juger que toute cette inquiétude n'avait pas de sens.
Toujours prêt au moindre conseil, il s'ecria alors :
" Elle n'a juste qu'à garder ses papiers d'identité sur elle! Si elle meurt, la morgue saura vivement qui appeler."
[Enterrée avant même d'être partie, on n'arrête pas le progrès.]
En proclamant cela, il y avait un je-ne-sais-quoi qui sous-entendait qu'il devait déjà avoir songé à l'aménagement de sa nouvelle chambre...
**
Mais à croire que le sort s’acharne sur moi :
Malgré mon jeune âge, mes pertes de mémoires se sont révélées chroniques.
Cette forme précoce d’Alzheimer se manifesta la toute première fois, contre toute-attente, un samedi, en plein DS de mathématiques
Lorsque j'avais pu jurer que les terme de "valeur propre","automorphisme", "endomorphisme"...
m'étaient totalement inconnus!
Comment celà avait-il pu être?
Oui, à n'y rien paraitre j'étais alors consciente que j'étais dans une forme avancée et virulente de la maladie.
Par ailleurs, des troubles physiques auxiliaires, à ne pas sous-estimer,
s'y sont ajoutés :
Ces symptomes se déclinent par une couche d'urticaire qui couvre mon corps, et ce, lorsque je me mets à la oh combien merveilleuse tache que celle de travailler.
Je me vois donc, dans l'obligation de pratiquer l'automédication, condamnée au ménagement de mes efforts,
- c'est-à-dire à, ce que les personnes faisant défaut d'empathie vis-à-vis de mes crises épidermiques [dont papa, maman] fustige honteusement par la dénomination de "flemmardise accentuée"
Fichtre! -
**
Tout cela pour en venir au fait que,
Je me vois en droit de solliciter,
- quand bien même il pourrait m'arriver bien occasionnellement de mériter une note s'approchant dangereusement de la nullité -
La Bienveillance, l'Indulgence et la Compassion de mes futurs professeurs de MP,
Et ce,
Sans devoir faire comme ***
(also known as Prostipute)
Autrement dit:
En passant sous la table.
[Nom d'une pipe! J'ai mal au dos, moi!]